Toi, oui je n'ai jamais écrit sur toi ! Peut-être que c'était trop dur, ou que je ne veux toujours pas regarder la réalité en face. Tellement de choses à dire... Je ne sais vraiment pas par où commencer. Je n'arrive toujours pas à te mettre un nom, ton prénom je n'aime pas le dire, et le mot « père » c'est encore pire... Donc quand je fais référence à toi, c'est « l'autre ». Pourquoi ne pas pouvoir dire un mot, ce mot, pourquoi ce blocage à chaque fois que je parle de toi ? Sans doute parce que cette petite fille n'a vu son père que trois fois dans sa vie... C'est bizard de se dire ça, sa parait tellement illogique et pourtant ... Pourtant je n'est aucun souvenirs de toi de quand j'étais petite (c'est sur que à dix-huit mois, on se souvient pas de grand chose.), donc sans souvenirs, pourquoi quelqu'un pourrait nous manquer ? Peut-être que c'est les gênes, dans la tête ? Pourquoi quand j'écris ça, j'ai encore les larmes aux yeux pour toi ? Tu réalises que mon enfance à été gâchée par toi, que tout ces problèmes psychologiques (je ne dis pas que je suis folle) sont à cause de toi ? Je crois que je ne cesserais jamais de t'en vouloir. Dis tu trouves ça normal toi ? Qu'un père soit partit et qu'il n'ait pas donner de nouvelles pendants des années, ah si je me rappelles un jour, quand j'avais quatre ans je crois, le téléphone à sonné, maman a été répondre et m'a dit que quelqu'un voulait me parler, j'ai pris le téléphone et j'ai entendu « c'est papa ! », je ne me souviens pas de tous les détailles, mais je crois que je t'ais demandé pourquoi tu ne venais pas me voir... Et encore une fois, de ta lâcheté suprême, tu m'as répondu que ta femme ne voulait pas, tu crois vraiment qu'il fallait me répondre ça ? Moi j'ai grandis, peu à peu, mais sûrement, j'ai grandis avec une mère et une s½ur près de moi mais pas de père pour me donner de repères, j'ai grandis en entendent des choses vraies ou fausses, ça je crois que je ne le saurais jamais, mais des choses pas très positives sur ce père que je n'avais jamais vu, donc je ne pouvais pas donner d'opinion ou dire que toutes ces choses étaient fausses ou vraies ... Ce n½ud dans le ventre je voudrais tellement l'enlever. Avant, plus petite je voulais être comme tout le monde, avoir un papa que je pourrais appeler « papounai », à qui je pourrais faire d'énormes bisous, qui me prendrait dans ses bras..., mais en grandissant la haine s'est installée, cette haine, ces reproches, vouloir te crier tout ce que je pense de toi, mais comment te les dire si tu n'est pas là ? Puis quand il a eu ce procès pour la pension alimentaire, le Mardi 4 Avril 2004, quand on m'a dit « Sarah, ce soir, tu vas voir ton père. » La joie et la peur se sont mélangées, et je peux te dire que la peur l'a remporter, car je crois vraiment que si on ne m'avait pas « forcer », je ne serais pas venu, oui a mon avis je l'aurais regretté, mais je ne serais pas venue. Vers six heures on est parties de la maison main dans la main de celle de ma s½ur, on avait rendez-vous à la gare pour ensuite aller boire quelque chose dans un café. On s'est mis devant l'entrée de la gare, puis des gens, des têtes inconnues sont passés devant moi, je les regardais avec ce regard qui vous dit « au secours », puis tu es arrivé, tu m'as pris dans tes bras et m'a embrassé, j'ai ressentis une sensation de rejet, mais je ne pouvais pas te repousser... Arrivés dans le café, ma s½ur a commandé un coca, et c'est bien la première fois que je ne trouvais aucun goût à ça, j'avais un mal de ventre épouvantable de te voir devant moi. Puis en partant tu m'as donné une enveloppe avec pleins de photos à l'intérieur, des photos de ma demi-s½ur et mon demi-frère (des faux jumeaux) et les photos que tu avais pris quand tu es parti, car oui j'ai grandi en mettant une tête sur ce père grâce à deux ou trois photos seulement. Ensuite disons 1 ans plus tard je t'ais vu pour la deuxième fois pour mettre la maison sur notre noms. Voilà, les deux fois où je t'es vu se résume à ça ... Je me demande si tu penses à moi des fois, si tu réalises ce que tu as fait ! Comment arrives-tu à te regarder encore dans le miroir ? Je suis méchante, mais j'ai mes raisons, tellement de raisons... Toi tu réagirais comment ? Tu sais sa fait mal tout ça, et sa fait mal de savoir que son propre père ne sait même pas la date de votre anniversaire, oui car tu avais marqué une mauvaise date lors d'un procès. Moi l'image que j'ai de toi, et que j'aurais toujours, c'est une petite fille triste de n'avoir pas eu de père, et qui attendait qu'il revienne pour lui donner ces cadeaux qu'elle faisait à l'école pour la fête des père... Bref un jour j'ai reçu une lettre de ma demi-s½ur, qui me disait que j'avais une deuxième demi-s½ur qui venait de naître. C'est bizard, mais j'ai une envie surprenante de voir mes demi-s½urs et mon demi-frère, alors que toi sa me fait peur ...
Puis le noël dernier tu m'as appelé, tu as parlé à maman pour t'excuser de tout se que tu avais fait et moi tu m'as dit que papa t'aimait fort et qu'il pensait toujours à toi, et moi je ne faisais que répondre oui, même si tu attendais un « moi aussi », je ne vois pas pourquoi je mentirais. Tu m'as aussi envoyé pour la première fois une lettre pour mon anniversaire. Dis donc tu t'ais surpassé cette année là, mais tout ça était de courte durée, car cette année aucun coup de téléphone pour Noël, j'aurais été aussi bloquer que d'habitude pour te parler, mais je voulais que tu appelles, juste que tu fasses ce geste, mais en vain. Et depuis plus de nouvelle... on verra pour mon anniversaire, qui c'est !
Je me rappelle de cet été, un été atroce, à mon avis on peu bien appeler ça une dépression. Un soir, j'étais avec ma mère, elle m'a regardé et m'a dit « Je vais te dire une chose, Sarah », et rien que de voir son regard et de savoir que ça te concernais, je me suis mise à pleurer, je ne voulais même pas savoir, mais elle m'a dit que sa m'aiderai à avancer donc je l'ais écouté. Et là elle m'a dit qu'un jour tu l'avais battu, elle était enceinte de moi, et je ne sais plus pour quelle raison, tu l'avait frappé. Au moment même où elle m'a dit ça, tu ne peux pas savoir l'immense ranc½ur que j'ai ressentie envers toi. Tiens parler de ça, sa me fais penser, on dit souvent que les enfants perçoivent beaucoup de choses, et bien moi quand j'étais encore dans le ventre de maman je me suis retourner et j'avais le cordon ombilical enroulé autour du coup, et dis-toi que même si je n'étais pas encore née, je savais que ce qui m'attendais dehors ne serait pas si rose que ça... Bref cet été là, je n'ais jamais été aussi mal, aussi bien dans ma tête, que dans ma peau... Médecin, prescription de médicaments pour ce stress qui me consumait peu à peu, ces troubles du sommeil qui me suivaient depuis longtemps. Ces cauchemars où tu me kidnappais... pourquoi j'avais cette idée dans la tête, je ne sais pas ou sans doute pour pleins de choses. Rendez-vous chez une psychologue (Oui, je ne raconte pas ça à tout le monde, mais si je parle de « l'autre » autant raconter tout. Et pour le peu de personne qui liront ce texte jusqu'à là....), une psychologue qui me suit depuis maintenant environ 2ans et demi. Malgré mon appréhension avant d'aller chez elle, cela m'a vraiment aidé et j'ai beaucoup avancé, même si ma thérapie n'est pas prête d'être fini. Mais il y a beaucoup de choses que j'ai compris, ou d'autres qui sont encore un mystère pour moi, mais que je finirais par comprendre. Et ma s½ur dans tout ça, elle qui a un prénom qui définit bien ses origines, elle qui t'as connu, qui a vécu avec toi pendant 10 ans, qui est partie en Algérie, qui a connu la famille paternelle, elle qui a eu tout ça, elle elle renie ses origines, alors que moi qui n'est rien connu de tout ça, je les accepte. Oui ces origines, l'Algérie, les gâteaux algériens, j'adore ça ; La danse orientale, j'ai envie de bouger à chaque fois que je l'entends ; bref depuis toute petite je peux le dire, je suis fière de dire que je suis d'origine algérienne. Bon je vais finir ce texte par une dernière chose, mais avant je veux te dire que je croyais que ces lignes seraient beaucoup plus longues que ça, mais à mon avis je n'ais pas encore tout dis, je crois que même avec la plus grande inspiration je n'arriverais pas à tout dire, je n'arriverais pas à conclure un sujet aussi pointilleux que celui qu'est ma vie en faisant référence à toi. Mais disons que dans quelques années j'essayerais de refaire un texte du même genre, et peut-être que avec le temps j'aurais appris d'autres choses et on verra bien la différence.
Et tu sais je vais te dire, d'accord j'ai souffert de ne pas t'avoir connu, d'accord j'aurais aimé avoir un père près de moi, mais si c'était à refaire je voudrais que tout se passe exactement comme ça c'est passé, car sans tout ça je n'aurais pas ce caractère de battante, je n'aurais cette personnalité,
tout simplement je ne serais pas comme je suis aujourd'hui !